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 Repas au crépuscule

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Zärfell Eriawyn
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MessageSujet: Repas au crépuscule    Jeu 19 Nov - 21:10

[Arrivée de Zärfell]

~ La nuit tombait lentement sur la capitale. On pouvait déjà voir le ciel se peindre de ses lueurs nocturnes. La lune apportait avec elle son voile bleu foncé pour recouvrir la robe pastelle du crépuscule. Zärfell, qui transportait avec lui un imposant saladier couvert d'un torchon, admirait ce spectacle dont jamais il ne se lassait. Les plus beaux cieux nocturne qui lui revinrent en tête furent ceux du désert. L'air y était d'une grande pureté et aucune lumière ne venait troubler ni les étoiles, ni la voie lactée. Le plafond du monde devenait un festival de lumières, qui mettaient bien du temps à partir quand l'aube arrivait.

Il redescendit lentement sur terre quand le garde d'Akane emprunta un nouveau tournant. Le Sylphe l'observa. Il se souvenait ne l'avoir attendu que peu de temps à l'auberge, car la cuisine avait été plus ou moins un véritable défi. Refaire un plat du désert avec les aliments de l'Empire fut en réalité un peu plus difficile qu'il ne l'avait imaginé. Heureusement, Sakuya avait été là pour l'épauler. D'ailleurs, il lui avait laissé pour le dîner une grosse part de Taha'kadji, espérant que cela lui plairait. Puis, il tenta de se remémorer exactement le nom du garde du corps, mais pour une rare fois, sa mémoire lui faisait défaut. Sûrement était-ce dû à tous les savoirs qu'il engranger chaque jour dans ses lectures. Il le rattrapa et lui demanda :


- Pourriez-vous me rappeler votre nom ? Je reconnais l'avoir oublié...

S'il y avait bien une chose que le Voyageur détestait, c'était constater qu'il ne mémorisait pas tout ce qu'il entendait et voyait. Un grande frustration pour lui. L'Alchimiste attendit une potentielle réponse de sa part, quand finalement, ils parvinrent dans un quartier assez beau. Les maisons avaient de belles architectures et semblaient refléter un certain statue social. Les lanternes en éclairaient les façades en bois vernies et bien entretenues. Alors que l'Alchimiste détaillait une imposante bâtisse à droite, le garde s'arrêta devant une autre, à gauche. Le jeune homme s'extirpa à nouveau de sa contemplation et découvrit donc la maison d'Akane. Elle lui parut pour le moins... Imposante. Il était difficile de ne pas la repérer une fois qu'on la connaissait.

- Wouah ! Le Haut Général vit là-dedans ? C'est pas un peu, euh, grand ?

Il resta surpris quelques secondes, avant de remarquer l'autre garde à l'entrée de l'habitation. Le puissant Mage se souvient qu'il s'agissait du jumeau de celui qui était venu le chercher. Immobile, le Sylphe attendit les directives du garde du corps. Il ne préférait pas bouger pour le moment.

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MessageSujet: Re: Repas au crépuscule    Jeu 19 Nov - 21:38

L'heure était désormais aux sorties entre couples ou aux promenades du soir. Les patrouilles nocturnes venaient à peine de finir de faire la relève. Plus aucun enfant ne traînait dans les rues, les marchands finissaient de remballer les stands et les auberges recevaient les clients de dernières minutes. De l'une de ces auberges justement, sortaient deux hommes, l'un en armure imposante de l'Empire et l'autre dans une tenue un peu moins... visible. Les deux statues humaines avancaient silencieusement jusqu'à ce que l'une d'entre elles ne rompent le silence. Le garde à la lance se retourna vers l'homme qu'il dépassait d'une tête. La réponse ne tarda pas à arriver.

Futsi.

Ils tournèrent dans un angle pour arriver devant la résidence du Haut-Général Akane en personne. Les magnifiques courbes du toit en tuiles rouges s'élançaient élégamment vers le ciel et les lanternes en papiers agissaient comme de grosses lucioles fixes. La lune était magnifique ce soir. Les deux frères se retrouvèrent et s'échangèrent un regard. Celui qui accompagnait Zärfell s'avança le premier.

Rien à signaler ?
- Rien du tout.
- Tu peux l'accompagner jusqu'à la Haut-Général, je prend la relève.
- Bien. Veuillez me suivre s'il-vous-plaît.

L'homme invita Zärfell à l'accompagner pendant que son frère le remplaçait et qu'il ouvrait la grande porte en bambou de l'entrée de la résidence. Un magnifique jardin dans le style de l'Empire s'étendait devant cette maison, un petit fleuve coulant même sur la gauche du chemin en galet blanc qui menait aux marches à l'entrée de la résidence. L'homme escorta le Sage Rouge et son plat jusqu'à cette entrée, où il monta trois petites marches en bois. Une fois arrivé ici, il se retourna vers Zärfell.

Veuillez vous déchaussez s'il-vous-plaît.

Puis il tendit le bras, assez long pour atteindre la porte coulissante sans avoir besoin d'ôter ses tabis, et haussa la voix.

Haut-Général, nous entrons.

Il tira la porte et laissa Zärfell le dépassait pour rejoindre la jeune femme qui avait ainsi été avertie de sa présence. Il le regarda une dernière fois.

La Haut-Général vous attend dans le salon. Ce sera la première porte en face de vous. Passez une bonne soirée.
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MessageSujet: Re: Repas au crépuscule    Jeu 19 Nov - 22:12

~ Zärfell observa les deux frères échanger leur très bref rapport. En les voyant ainsi, le jeune homme se redit que jamais il ne pourrait vivre comme eux, au service chaque jour d'une seule et même personne, dans le même endroit, toute l'année. Il eut presque un peu de pitié pour eux, mais le Sylphe savait que ces gens étaient heureux dans cette existence. Alors, au final, ne préférait rien en penser. Quand le nouveau garde s'adressa à lui, le Sage Rouge acquiesça et le suivit sans un mot. Le jeune homme détailla une dernière fois les tuiles rouges du toit et l'architecture colossale de l'habitation, avant d'y rentrer.

Le jardin l'émerveilla. Comme il s'y attendait dans cette enceinte, il était parfaitement entretenu dans le style de la tradition shoanienne. Des petits arbres et surtout, ce petit cour d'eau qui lui arracha un sourire. Tout, même les galets, semblaient en harmonie avec le reste de la verdure et des décorations. De quoi encore plus épater le jeune homme. *Comment peut-on vivre seul dans une baraque pareil ? J'espère qu'elle a des gens pour lui faire la poussière et lui tailler les haies, sinon, elle doit être tous les jours occupés.* Il n'eut pas le temps de voir si des cloches à vent, dont il raffolait, étaient accrochés ou non. Il poursuivit sa marche et grimpa à son tour le début du court escalier.

L'Alchimiste croisa le regard du jumeau qui, comme la coutume le voulait et comme le savait Zärfell, lui demanda de retirer ses chaussures. Il fit oui de la tête et posa son plat, avant de se pencher sur ses sandales à lassé. Malgré le méli-mélo des morceaux de cuir s'entremêlant pour tenir aux pieds du Mage, il les défit sans problème et les mit dans un coin des escaliers. Le Sage Rouge entendit le garde prévenir la résidente et il leva à nouveau la tête. Le Sylphe récupéra son plat et l'écouta une dernière fois, avant de le remercier d'un petit signe de la tête et d'atteindre la porte d'entrée, pendant que le frère semblait se retirer.

Doucement, Zärfell referma l'entrée et sentit le parquet propre sous ses pieds. Il exécuta les indications du garde et, une fois nez à nez avec la porte du salon, il toqua sur l'encadrement. Ses clochettes teintèrent, car jamais le Voyageur ne se séparait ni de son bâton d'if, ni d'une partie de ses bricoles. Le jeune homme attendit la permission d'Akane, sait-on jamais pour le protocole, et poussa la porte coulissante. Il sourit et déclara :


- Bonsoir Akane. J'espère que je ne suis pas trop en retard. Il sourit un peu plus en zyeutant son saladier. J'ai apporté un plat un peu spécial, j'espère que tu aimes les épices.

De son plat émanait l'odeur culinaire du désert, car celles-ci commençaient enfin à se marier correctement avec tous les aliments. Sûrement était-ce le riz qui absorbait moins vite leur saveur. Il referma la porte et découvrit, en même temps que la Haut Général, le salon de cette immense maison.

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MessageSujet: Re: Repas au crépuscule    Ven 20 Nov - 11:35

La porte s'ouvrit premièrement sur une petite pièce (du moins, petite pour la taille générale du bâtiment) au milieu de laquelle trônait une table basse et deux coussins de part et autres. Sur la table, deux bols en terres cuites d'une formidable et très fine conception sur laquelle étaient peints à la main des animaux mystiques de l'Empire. De fines baguettes en bambous reposaient aux côtés de ces récipients. Plusieurs petites assiettes de la même matière reposaient autour de ces bols avec divers ingrédients : racines de ginsengs, viandes rouges, poissons, haricots. La table était en chêne, assez solide pour supporter un sanglier. Une nappe en coton élégante ornait d'un cerisier et d'oiseaux chantant reposait sur ce support pour la nourriture. Autour de la table, contre les murs, plusieurs meubles classiques : une commode rouge impériale décorait d'ornements dorés ; une statuette de la Divinité reposant sur un socle en granit ; et une autre table décorative d'où fumait un bâton d'encens à l'odeur agréable qui faisait chavirer les sens. Le sol était un plancher très propre qui ne couinait pas. Les murs étaient en briques blanches, mélange d'argiles et du savoir-faire shoannien dans la conception des bâtiments. Au plafond enfin, pendaient dans chaque coin et au centre de la pièce ces fameuses lanternes en papiers rouges qui donnaient à cette pièce sa lumière chaleureuse. Faible, mais présente, elle prodiguait également ce côté discret si propre aux intérieurs des habitations de l'Empire.

Secondement ensuite, elle s'ouvrait sur la Haut-Général qui finissait d'allumer le deuxième encens sur la table décorative. Elle portait un long kimono serré près du corps. Sous celui-ci, il était possible de voir au niveau du cou les bords du kosode, de couleurs blanches. Le kimono avait pour couleur principal un rouge ni trop voyant, ni trop sobre. Des motifs circulaires, représentations stylisés de la fleur de lotus et de la pivoine, ponctuaient le kimono en certains points. Ils étaient, encore une fois grâce à la maîtrise de textile de l'Empire, parfaitement intégré dans le tissu et de couleurs dorés. En parlant de tissu, tout cet ensemble élégant se trouvait être fait de soie pure, matière que seule la Haut-Général et quelques riches personnes pouvait s'offrir. Son obi était attaché en un élégant nœud dans son dos. Il était de couleur rose, harmonieuse couleur qui épousait parfaitement les teintes du vêtements. Pour finir, ses tabis blanches qui reposaient délicatement sur le sol. Elle n'avait pas attaché ses cheveux d'une quelconque manières, ils étaient restés lâches dans son dos. Elle finit par se retourner vers le jeune homme et lui renvoya son sourire avant de se pencher légèrement en avant pour le saluer. Elle restait maîtresse de maison et se devait d’accueillir comme il le fallait son invité.


Bonsoir Zärfell. Non, vous ne vous êtes pas fait attendre. Quant aux épices...

Elle ria légèrement en observant le plat et l'air quelque peu gêné du jeune homme. Peut-être était-ce son premier rendez-vous romantique ? C'était en tout cas le cas de la Haut-Général qui ne savait pas non plus trop se mettre à l'aise dans une situation pareille. Pour la première fois de sa vie, peut-être perdait-elle de sa confidence qui faisait d'elle une aussi excellente soldate.

J'ai l'habitude d'en manger. Mon plat préféré en comporte trois.

Elle sourit à nouveau, laissant un silence gênant s'installer. Que faire ? Lui sauter dans les bras, l'inviter à s'asseoir, le laisser parler ?

Décidément, ce début de soirée s'annonçait prometteur.
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MessageSujet: Re: Repas au crépuscule    Ven 20 Nov - 22:40

~ L'air de la pièce avait une odeur particulière, celui de l'encens qu'on brûle. Ce fut la première chose qu'il releva avec le style épuré de la pièce qui ne lui était pas coutumier. C'était presque trop bien rangé pour son caractère bordélique. Son regard détailla un instant la belle table qui était dressée. Il sourit en voyant les motifs d'oiseaux autour du cerisier, puis ses yeux arrivèrent jusqu'à Akane un peu plus loin. Zärfell lui adressa un sourire tendre quand il découvrit son visage. Sa tenue était tout simplement sublime. Le mélange des couleurs, la finesse de la couture, la matière du tissu, les motifs fleuris, tout l'émerveillait. L'Alchimiste avait rarement vu un kimono aussi beau, aussi car plus jeune, il avait assisté à très peu de festivités traditionnelles de Shoan. De plus, le quartier aisé était un endroit qu'il fréquentait très peu, lui préférant la tranquillité des promenade ou la contemplation de la capitale du haut des toitures.

Le sourire d'Akane fut cependant plus rayonnant que le doré des lotus et des pivoines stylisées. Il la vit rire et cela la rassura un peu. S'il avait déjà eu quelques tête à tête lors de ses voyages, rien ne pouvait être comparé à ce soir-là. Une auberge animée avait une atmosphère largement différente de celle présente. Le Sylphe fut surpris par le nombre d'épices que la jeune femme appréciait. Une coïncidence ? Un hasard ? Impossible de le savoir. Sentant le silence s'installer, le Voyageur bougea jusqu'à la table.


- Ça me rassure si tu les aimes. Il posa doucement le plat sur la table basse et se redressa. J'avoue qu'à part des spécialités du désert ou de Gandur, je ne sais pas cuisiner grand chose. Il l'observa à nouveau avant de sourire. Ce kimono est magnifique, il te va bien. J'en ai pas souvent vu des comme ça et puis la soie est un tissu très peu porté à Erimos.

En effet, cela se voyait sur sa propre tenue, nettement opposée au raffinement et à la coupe des vêtements de Shoan. Il s'agissait d'une ample tunique en lin blanc cassé, aux manches longues et aux extrémités argentées. Avec cela, il avait choisi un sarwal couleur crème, attaché à sa taille à l'aide d'une longue pièce de tissu ocre plusieurs fois enroulées. A ses poignets traînaient comme toujours quelques bracelets et à ses chevilles, des chaînes de pied. Au final, Zärfell n'avait rien changé à sa tenue quotidienne, si ce n'était la facture de ses habits, en lin de plus grande qualité, et leur propreté. Un véritable choc vestimentaire entre le sien et celui de son amante. Le jeune homme se rapprocha alors de la jeune femme, qu'il sentait tout aussi mal à l'aise que lui. Le début, comme partout, était toujours quelque chose de délicat. Mais le Sylphe se laissa guider par son instinct de Mage, qui ne lui avait jamais fait défaut, et rit.

- De nos lettres à ce soir... Je dis que tout ça est plutôt rudement bien mené si seuls vos gardes sont au courant de notre relation.

Puis, le Sage Rouge prit un air moins humoristique et plongea un court instant le verdoyant de ses iris dans le regard lumineux d'Akane. Alors, comme mené là par un élan de franchise et de douceur, il l'enlaça dans un sourire silencieux. L'odeur de ses cheveux se mêla avec les saveurs de l'encens qui gagnaient murs et lanternes rouges. Quelques secondes de proximité où le silence prenait une toute autre dimension.

- Tu m'as manqué. murmura-il sobrement, mais sincèrement.

Puis, Zärfell recula pour admirer de nouveau le visage d'Akane et peut-être un sourire de joie. En l'observant, il s'en voulut de ne pas avoir emmené sa guitare pour lui jouer un morceau tel qu'on le faisait régulièrement à Erimos autour du feu, après le dîner. Un moment de convivialité et de poésie, qui clôturait en musique et en chanson la journée achevée. Heureusement, il portait toujours sur lui sa flûte à vent, de quoi se rattraper. Il l'écouta si elle parlait, avant de se tourner vers la table.

- Tu as sorti le paquet dis donc ! Je suis plus habitué à ce genre de repas.

L'Alchimiste était plus ou moins en train de réapprendre le côté solennel et, il fallait le dire, plus organisé des repas de Shoan. Même si les baguettes ne seraient pas un défi pour lui, un dîner dans les auberges de l'Empire ou chez les Grand'Mages n'était pas tout à fait le vrai repas traditionnel. En réalité, le nomade n'avait jamais assisté une seule fois à un authentique dîner. Mais oubliant un peu l'art de vivre, Zärfell arrêta son regard sur le cerisier de la nappe qui, ce soir, portait bien toute sa symbolique.

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MessageSujet: Re: Repas au crépuscule    Mar 24 Nov - 22:52

Soudainement prise dans les bras de son amant, Akane se mit à rougir avant de fermer les yeux et de se laisser doucement bercer par cette soyeuse étreinte. Elle pouvait bien s'adonner à ça pour ce soir. Après tout, ce n'était pas n'importe quel soir. C'est le premier soir où ils allaient partager un instant à deux sans risquer d'être interrompu. Elle allait le conserver et le garder précieusement, le faire ralentir et durer le plus longtemps possible. Et gare à celui qu essaierait de l'interrompre. Elle n'était pas sûre que la lame de son katana soit plus rapide que ses paroles. Mais à quoi pensait-elle ? Elle n'en arriverait pas là... Du moins, elle l'espérait pour ceux assez fou pour essayer ça.

Vous aussi vous m'avez manquer.

Puis elle sépara doucement avant de sourire aux remarques et réflexions de Zärfell. Oui, ça n'avait pas été simple pour conserver ce secret, mais elle avait pût compter sur la discrétion et la fidélité sans pareille des deux frères Futsi qui avaient aidés la Haut-Général à maintenir cette relation secrète. Quant au kimono, elle pouvait tout simplement ne pas rester indifférente à un compliment, quand bien même sa manière à ne pas être touchée par la remarque. Quand une femme de Shoan portait son plus beau kimono et que son amour le remarquait, même elle ne pouvait rester de marbre.

Manger un repas traditionnel n'est pas si compliqué. Du moment que vous savez utiliser des baguettes.

Puis elle ria avant de reprendre ses préparations. Le riz, justement, devait maintenant être cuit. Elle se recula et s'excusa en se penchant.

Veuillez m'excuser, je dois aller chercher le riz. Installez-vous. Je reviens dans quelques instants.

Puis elle s'éloigna dans la cuisine, le temps de laisser à l'encens s'installer définitivement. Elle revint finalement avec un large panier en bambou dans ses mains de forme circulaire d'où émanait une vapeur opaque et à l'odeur singulière. La femme se mis à genoux sur le coussin prévu à cet effet et posa ce récipient juste à côté de celui de Zärfell. Puis elle le regarda et l'invita à commencer. D'abord, elle joignit les mains au dessus de son plat et ferma les yeux, avant de prononcer quelques mots.

Itadakimasu.

Elle sourit à Zärfell.

Cela veux dire bon appétit dans l'ancienne langue de Shoan. Je vous en prie, servez-vous.

Elle commença par le plat de Zärfell, curieuse de savoir à quoi cela pouvait ressembler. Aux premiers abords, tout portait à croire qu'il s'agissait d'une salade de riz, les épices en plus. Elle prit le seul bol vide qu'il restait devant elle, sensé contenir le riz, et attrapa avec ses baguettes une grosse boulette du plat d'Erimos. Elle s'assura que rien ne tombe sur la table et porta la bouchée à ses lèvres. Elle mâcha environs vingt fois, puis avala. Les parfums et les sensations se mélangèrent, l'épicé laissant place au doux avant que le fort ne domine l'amer.

C'est délicieux !

Elle en reprit pour découvrir de nouvelles sensations qui en furent pas les mêmes. La viande de serpent se mariait parfaitement aux pousses de bambous et ces épices du désert étaient une véritable découverte ! Ils se rapprochaient du populaire wasabi de l'Empire, mais n'était pas fort de la même manière.

Des pousses de bambous d'aussi bonne qualités sont rares ! Vous vous y connaissez en cuisine Zärfell ?
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MessageSujet: Re: Repas au crépuscule    Mer 25 Nov - 17:55

~ Zärfell fut rassuré concernant le repas. Il était vrai que ceux du désert se déroulaient bien différemment, notamment les dîners aux couchés de soleil ou avec un feu central autour duquel tout le monde s'asseyait. Les baguettes étaient remplacées de temps à autres par des cuillères, quand on ne mangeait pas avec les doigts ou avec la dague à sa ceinture. Il sourit, avant d'acquiescer à l'indication de son amante. Il la vit partir pour chercher le riz. De son côté, il retira le bâton de son dos et le posa à sa droite en s'asseyant. Les clochettes cessèrent de teinter une fois poser par terre et les rubans s'étalèrent comme des ruisseaux de couleur. Zärfell parcourut à nouveau toute la pièce organisée du regard, s'arrêtent un instant sur l'encens fumant et sur les meubles d'excellente facture. Il se demanda combien Akane pouvait bien gagner pour se payer une telle habitation, et dans un tel quartier ! Peut-être était-ce un don de l'Empire pour son titre de Haut Général.

Puis, Akane revint. Le Sylphe l'observa marcher d'un pas élégant avec un gros panier dans les mains. La saveur du riz chaud arriva jusqu'à ses narines. Il espérait que son plat froid ne fasse pas pâle figure. Curieux, le jeune homme observa sa bien-aimée joindre les mains et déclarer un mot qui, par sa sonorité, lui rappelait quelque chose. Il fut heureux, en tant que Mage insatiable, d'apprendre une nouvelle expression.


- Ravie de savoir comment on dit bon appétit ! Je ne sais que quelques broutilles de mots en  dialecte ancien de Shoan, car j'ai surtout appris le dialecte des Grand'Mages plus jeune. Dans ce cas, je te dis rahama'dja. C'est ainsi que l'on souhaite bon appétit dans la langue d'Erimos.

Zärfell saisit donc les belles baguettes, qu'il contempla quelques secondes, avant d'entamer le repas avec du riz et un peu de poisson. Il prit son récipient pour les grains blancs avant de regarder, intéressé, la jeune femme goûter son plat. Il mâcha sa boulette de riz et sourit à la réaction d'Akane. Il fut rassurer que les épices ne lui paraissent pas trop fortes et l'Alchimiste étira un large sourire.

- Content que ça te plaise ! Ton riz et ton poisson sont très bon aussi, ça faisait longtemps que j'en avais pas manger comme ça.

Le raffinement de la cuisine de Shoan ne se retrouvait dans aucune autre. Il espérait pouvoir lui faire découvrir d'autres plats du désert à l'avenir. Il écouta attentivement sa question, terminant d'avaler pour répondre :

- Je m'y connais, disons, ce qu'il faut pour varier les plaisirs. Il rit, ne se considérant pas comme un grand chef. Mais en tout cas, j'adore cuisiner. Je connais principalement des plats d'Erimos, beaucoup car les saveurs me plaisent là-bas, et des recettes de Gandur aussi, qui offrent une cuisine bien moins relevée. Pour ce plat-ci, j'ai heureusement eu l'aide d'une amie qui connaissait bien le marché pour trouver les bons ingrédients.

D'ailleurs, il devrait penser à dire à Sakuya que leur cuisine avait plu.

- Le plat que tu manges s'appelle le Taha'kadji. C'est un plat préparé très souvent au désert. D'habitude, la semoule, des sortes de grains jaunes et mous, remplace le riz et l'huile actuelle par une autre bien spécifique à Erimos. Le serpent peut être échangé avec du scorpion grillé. On y ajoute aussi du Dysspharë, qui est un cactus. C'est une plante verte pleine d'épines, parfois urticantes, qui ici est remplacé par des pousses de bambous. Par contre, les épices sont les authentiques. J'aimerais bien te préparer le vrai plat un jour ou bien un autre, avec tous les ingrédients d'Erimos.

Le voilà lancé sur un sujet dont il aimait parler ! Il regarda Akane.

- Et toi, tu cuisines souvent ? Avec tout ce que tu as à faire, tu ne dois pas trop avoir le temps, non ?

Il était curieux de savoir comment Akane parvenait à concilier une vie de citoyenne, avec sa maison et son quotidien hors de l'armée, et justement, son métier de Haut Général. Peut-être n'y avait-il jamais de distinction entre les deux. Quoi qu'il en fusse, Zärfell trouvait ça compliqué et trop prise de tête pour lui. Sûr qu'il ne finirait jamais soldats pour l'Empire !

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MessageSujet: Re: Repas au crépuscule    Jeu 26 Nov - 22:40

Akane mangeait doucement et proprement. Elle profitait de chaque bouchées et de chaque instants du repas tout en écoutant l'échange qu'elle avait avec Zärfell. Les deux cultures se mélangeaient autour de cette table. Ainsi était aussi le fruit de l'amour entre ces deux êtres. Elle goûta encore du plat de Zärfell, essayant de caler dans un coin de sa tête le terme d'Erimos en réponse au sien. Elle essaya aussi de faire de même pour les informations sur ce plat typique. Toutes ces informations et ces connaissances étaient évidemment nouvelles pour elle, elle ne voulait absolument pas les oubliés.

Quand il la questionna sur son quotidien et on lien avec la cuisine, elle hocha la tête avant d'avaler proprement la boulette de riz qu'elle contenait dans sa bouche. Puis elle s'empara d'un morceau de poisson qu'elle posa dans son bol avec du riz récupéré dans un autre récipient.


Je cuisine chacun de mes repas à la maison. J'ai appris en observant ma mère et en vivant seule depuis mon entrée à l'armée. Normalement les officiers ont droit à de meilleurs plats dans les cuisines, mais je ne suis pas contre un repas maison de temps en temps.

Avant d'entamer son nouveau petit plat, elle nettoya son palet avec de l'eau puis avala le saumon et le riz à la suite d'un petit mouvement de mâchoire.

Il est vrai que je suis souvent prise, mais j'essaye de m'occuper de la maison quand je peux. Mais comme je passe le plus clair de mes journées dans les casernes et les terrains d'entraînement, je ne suis ici que le soir. Quand je ne dois pas inspecter les patrouilles. Heureusement, je peux obtenir les permissions que je désire car nous sommes en temps de paix.

Elle marqua un silence, les yeux un peu perdu dans le vague. À quoi pensait-elle ? Au passé ? À l'avenir ? Elle-même ne savait pas exactement ce qui avait frôlé ses idées à ce moment précis de la soirée.

Ce ne serait pas le cas en temps de guerre.
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MessageSujet: Re: Repas au crépuscule    Ven 27 Nov - 22:44

~ Le jeune homme l'écouta attentivement, tout en se servant un peu de son plat et le mélangeant avec des tranches de poisson, curieux du goût que ça pouvait donner. Lui et Akane partageaient donc un intérêt pour la cuisine. Il en apprit aussi plus sur elle et la plaint intérieurement de ses horaires de travail. Ne revenir que le soir, en étant contraint de toute la journée ne pas pouvoir se promener, s'ennuyer allonger dans l'herbe le regard entre deux branches d'arbre, dessiner la foule au marché, ou bien au contraire, rester au coin de feu, ou bien lire un livre cloîtré chez soi. Mais ce qui l'embêtait le plus dans cette idée fusse de devoir travailler selon des heures fixes et non selon soi et ses nécessités. Le Voyageur avala une grosse boulette de Taha'kadji, qui se mariait plutôt bien à la viande tendre du poisson. Elle parla des permissions pendant les périodes de paix et Zärfell acquiesça :

- Oui, j'ai oublié que tu as les permissions et encore heureux d'ailleurs. J'avoue que j'admire comment tu travailles, loin de là que je sois incapable de bosser toute une semaine sans lever la tête des livres et des poudres d'alchimie. Le travail d'arrache-pied, je connais, après tout, c'est ma seule méthode de travail personnellement.

Il regarda alors plus en détail son amante, qui mangeait avec tout de même plus de grâce et de tenu que lui. Zärfell baissa les yeux et l'entendit évoquer les temps de guerre. Il laissa couler un nouveau silence et médita à la dernière qui avait eu lieu à Shoan. La guerre civile où il n'avait pas été présent. L'Alchimiste reprit le manège du repas avec ses baguettes.

- Eh bien espérons qu'il n'y en ai plus d'aussi destructrices que les précédentes. Le monde a beau être incertain, c'est en luttant avec ardeur, mais répartie, contre la barbarie qu'on évitera un nouveau déséquilibre.

Il croyait profondément en cela et il laissa un espace sonore que la belle femme en face de lui pouvait remplir ou non. Le jeune homme termina la part de son plat qu'il s'était servi, avant de chercher un sujet pour effacer celui assez triste des armes. Il balaya à nouveau la maison du regard et s'interrogea une nouvelle fois dessus.

- Mais je me demande... Ta maison m'a beaucoup impressionné en arrivant. J'ai rarement vu des gens vivre seuls dans une pareille habitation. Je pense que même les princesses ou les gens très riches n'y vivent pas en autarcie. Alors tu la gères vraiment toute seule ? Je veux dire, le ménage, le linge, le rangement, le jardin, tout ça, t'arrive à tout organiser toute seule sans problème ?

Il anticipait un peu la réponse, songeant déjà à l'impossibilité pour une seule personne, même aussi bien ordonnée et performante qu'Akane, de s'occuper d'une bâtisse si vaste. Elle avait forcément des aides, même un jardinier ou quelqu'un qui était chargé de l'entretient et du nettoyage !

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MessageSujet: Re: Repas au crépuscule    Sam 28 Nov - 14:53

Elle hocha la tête à l'idée de Zärfell. Une autre guerre ne serait pas la bienvenue sur Pandore. Mais l'avenir restait incertain et il était vrai que si aujourd'hui, les deux anciens rivaux que sont Awarennor et Shoan entretenait des relations amicales, qu'en serait-il lorsque la Chevalière de Pandore mettrait un nouveau roi sur le trône ? Et qu'en serait-il si Ciiti et Tonel, les deux grandes puissances montantes, en venaient à se déclarer la guerre mutuellement ou au reste de Pandore ? Seul Mandrosa était à l'abri d'une telle crise, qui lui serait profitable. La Confédération se risquerait-elle à déclencher dans l'ombre une guerre pour prendre le pouvoir ? Trop de théories et de possibilités, l'esprit de stratège qui était en elle commençait même à lui donner mal à la tête. D'autant plus qu'elle ne voulait pas penser à ça ce soir. Décidément, les déformations professionnelles sont bien trop présentes en elle.

Je ne prend pas réellement cela comme un travail, mais plutôt comme un devoir. Je dirige l'armée la plus puissante de Pandore, mon devoir est de m'assurer qu'elle serve pour le bien de Pandore et de l'Empire et non pas pour leurs mal.

Puis elle sourit à son amant avant d'avaler un morceau d'une omelette roulée qu'elle précéda d'un bout du Taha'kadji. Quand elle entendit les questions de Zärfell quant à la propreté de sa maison, elle regarda rapidement autour d'elle comme si elle ne voyait pas de quoi il parlait. Mais bien sûr, il était évident que cela était plus un réflexe un peu enfantin qu'un réflexe de maniaque. Elle était strict envers elle-même, mais pas à ce point.

J'arrive à me débrouiller. Quand je ne suis pas en permission, des jardiniers et des servants s'occupent respectueusement du jardin extérieur et du ménage intérieur. Je m'occupe de mon propre linge autant que je peux, mais je ne peux empêcher mes gardes du corps de m'aider. Ce sont des gens très bien, ils aident dès qu'il peux. Et ils sont tout aussi habile avec un balais qu'avec une lance.

Elle ria légèrement, car il ne fallait pas rire trop fort à table.

Cependant, je me charge moi-même de l'entretient de mon jardin intérieur dès que je peux. C'est un peu mon jardin secret.
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MessageSujet: Re: Repas au crépuscule    Lun 30 Nov - 21:32

~ Zärfell, laissant tomber les pensées monotones sur les problèmes mondiaux, apprit ainsi que, comme il le pensait, la jeune femme ne gérait pas cette immense habitation toute seule - il aurait pu y croire au vue de la grande organisation de son amante. - Il ne put retenir un sourire amusé au sujet de ses gardes. Avaient-ils une formation spécifique, avec l'option balais, lustrage de plancher et dépoussiérage de tatami ? Néanmoins, même si le jeune homme en riait intérieurement, il avait tout de même beaucoup de respect pour ces gens qui dédiaient leur vie et leur service à une seule personne. Rapporté sur lui et tournée à sa manière, cette simple idée de devoir être le lèche-botte de quelqu'un, encore plus une personnalité de la haute-société, lui faisait hérisser les cheveux. Cela éveillait toujours en lui son côté quasi révolutionnaire d'égalité des classes et de la liberté de tout un chacun. Quelle décision farfelue et stupide que d'accorder son existence toute entière à une personne ! En revanche, peut-être n'était-il pas le mieux placé pour songer à cette critique, lui qui se dévouait corps et âme à la magie, à l'alchimique, au progrès, à la médecine, à l'études d'ouvrages monstrueux et à tant d'autres savoirs sur lesquels il passait parfois des jours et des nuits entières. Le pire, c'était qu'il ne s'en rendait pas toujours compte...

Néanmoins, il avait beau se dire que pour les frères Futsi et les autres gardes d'Akane, dédier ses services à une unique personne n'était pas une tâche, l'Alchimiste ne pouvait s'empêcher de les plaindre et de ne pas supporter cette idée de pseudo-servilité. Il regarda son bol et se permit de répondre, laissant un peu le repas de côté durant cette réflexion :


- Oui, j'ai cru comprendre et pu observer que vos gardes sont des gens bons... Il laissa un suspend, ne donnant pas son point de vue bien la sincérité de sa phrase précédente.

Il entendit la jeune femme rire et releva les yeux sur elle, avant d'arquer un sourire à cause de sa joie. Le Sage voulut comme photographier cette image d'Akane, n'aimant pas trop la figure de la femme sérieuse et autoritaire qu'elle était par moments. Le Sylphe dressa un peu la tête quand elle parla de son jardin secret. Elle avait donc un jardin intérieur... Son sourire se fit plus marqué et, se redressant un peu sur son coussin, le magicien prit de la viande rouge qu'il mélangea avec du riz.


- Je serai curieux de voir à quoi il ressemble.

Il marqua une pause, réfléchissant soudain à cet autre mot "secret". Une pensée lui sauta aux yeux comme le savon humide glisse des mains. Il en oublia presque la petite phrase romantique qu'il tenait à propos des jardins et se perdit dans tout autre chose.

- Mais ce mot, secret, m'inspire une réflexion. J'ai lu dans un livre, un jour, que le secret de la vie est celui du constant étonnement. Vois-tu, je trouve cette phrase bien vraie et je tente chaque jour de percevoir l'étonnement de la vie. Il y est, je le vois, le sens, le touche... Mais cette réflexion m'amène aussi à persévérer dans ma pensée que la bonté humaine est en chacun de nous, néanmoins... Des fois je ne parviens pas à garder cet optimisme concernant l'homme. Peut-être est-ce pour ça que je me trouve si bien chez les Voyageurs. Ils disent toujours, eux, que le secret est l'écrin du bonheur. Il fixa Akane comme s'il scrutait un de ses amis Mages lors d'une discussion sur une phrase inspirante ou un ouvrage. Je me dis souvent qu'ils sont dans la véracité absolue et que c'est certainement la première raison pour laquelle ils restent autant en autarcie dans le désert. Leur mystère et leur secret font leur bonheur. On a beau dire que l'anarchie c'est le désordre, j'ai toujours le sentiment qu'ils s'y retrouvent très bien, dans ce bordel sans nom.

Il laissa couler un silence afin de songer à ses propres mots. Oui, sûrement était-ce cela qui lui avait tout de suite collé à la peau... Mais, il s'était un peu égaré, non ? Le Mage quitta subitement sa stature de penseur, secouant la tête et riant de ce qu'il venait de dire.

- Pardon, je m'éloigne. Il saisit du riz et lança une question qui lui trottait fermement dans la tête. Tu en penses quoi des Voyageurs d'ailleurs ? Avant et aujourd'hui, en as-tu le même point de vue ? Tu les vois comment ?

Il scruta avec attention les faits et mots d'Akane, comme s'il s'agissait d'une analyse méticuleuse sur un phénomène liée à la magie. Encore un de ces trucs sans queue ni tête qui le passionnait au point d'en oublier qu'il tenait gauchement, planté dans ses baguettes, une énorme boulette de riz.

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MessageSujet: Re: Repas au crépuscule    Mar 1 Déc - 15:56

Une fois encore, elle hocha la tête à propos de ses gardes du corps. Il est vrai qu'on pourrait croire qu'avec une soixantaine d'hommes pour assurer sa protection, certains pourraient être plus vils que d'autres. Mais cela n'était heureusement pas le cas. Dans le pire des cas, les traîtres savent la terrible sanction qui les attendent.

Quand il demanda à voir son jardin secret, elle rougit doucement. C'était à la fois un rougissement de timidité, de flatterie, de gêne et d'amour. Après tout, un jardin secret est privé, et la rose qui s'en occupe a des épines. Mais cette rose pourrait sûrement laisser la place à un lys de venir s'installer avec elle.

Elle écouta ensuite la réflexion très profonde et philosophique de ce jeune homme sur le terme secret. La jeune femme l'écoutait avant de pincer un morceau de poisson entre ses baguettes et de le mettre dans sa bouche, suivit d'une boulette de riz. Elle mâcha encore un peu le temps de réfléchir et finit par avaler les aliments pour ensuite partir à son tour dans cette continuité.


Je pense pour ma part que l'homme possède en lui, en son cœur, aussi bien le mal que le bien. Un être humain comme un animal ne naît pas entièrement pur ou entièrement impur. Ce sont ses actes, son éducation, sa vie future qui font ce qu'il devient. ''Naissez esclave, vous finirez peut-être empereur.'' Cette phrase provient d'un philosophe de l'Empire qui a vécut un peu avant la Grande Guerre.

Elle avala une autre boulette de riz accompagnée de poisson et continua dans sa lancée.

Mais nous pouvons considérer plusieurs types de secrets. Je connais pour ma part bien évidemment nombres de secrets de l'Empire que certains ne connaissent pas. Vous connaissez vous aussi sûrement nombres de secrets sur la magie que vos congénères ne connaissent pas. Peut-on réellement dire dans ce cas que les secrets que je connaisse sont sources de bonheur et les vôtre sources de bonheur tout autant ? Mais dans le cas d'un sentiment humain secret, ce que je pense beaucoup d'entre nous possédons, celui-ci peut effectivement être source de bonheur.

Puis elle conclut par un sourire. Un petit sourire complice, amoureux, amusé ? Peut-être un peu de tout cela.

Après tout, ne sommes nous pas en ce moment, dans le secret de ma résidence, en train de manger un repas secrètement tout en maintenant une relation secrète pour l'heure ?

Avant d'être Haut-Général, elle restait habitante de Shoan. La poésie, la philosophie, l'art, ces nombreux aspects et créations humaines restaient pour elle sujet de discussion et de passion. La question sur les Voyageurs était quant à elle, un peu plus délicate. Elle n'en avait pour ainsi dire presque jamais vus.

Personne sur Pandore ne sait qui sont réellement les Voyageurs à part eux-même. Je n'en pense pas à mal. Ils ne sont pas mes ennemis, et je sais, pour avoir entendu des récits, qu'ils peuvent être de grands alliés. Je sais aussi que le Royaume avait souhaité obtenir des relations avec eux, mais qu'ils n'ont eu que le silence du désert. Pour ma part, je ne connais qu'un seule Voyageur, et je suis à table avec lui en ce moment.

Et bien évidemment, elle devint à nouveau rouge en mangeant assez maladroitement quand on la connaissait, sa part de repas.

Et il ne me fait pas peur, mais ne me laisse pas indifférente.
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MessageSujet: Re: Repas au crépuscule    Mer 2 Déc - 18:18

~ Akane n'avait pas tout à fait tord dans sa réflexion sur le propos qu'il avait développé. Mais le filon de sa pensée lui fit étirer un discret sourire, car il voyait bien que son amante suivait une certaine philosophie de vie. Lui qui avait étudier certains penseurs, aux opinions parfois très divergentes voire totalement contradictoires, il savait dans quelle zone se trouvait plutôt la fille de l'Empire. Il acquiesça à la citation, tout à fait remarquable. La suite fut grandement intéressant et Zärfell l'écouta avec beaucoup d'attention. Il sourit même à nouveau quand elle parla de leur situation et il comprit qu'avec elle, il pourrait parler bien plus que du gazon vert ou de la cuisson des pâtes. Mais cela ne l'étonnait pas en réalité, car le Sylphe savait que les habitants de Shoan étaient tous assez cultivés et plus ou moins des penseurs. C'était un peu dans leur nature nationale que d'aimer et de connaître des disciplines qu'il qualifiait de nobles, tel l'art. Encore plus dans le cas de son amante. Au fond, Zärfell était heureux d'être né dans ce pays.

Mais la question sur les siens était le sujet qui le captivait le plus. Après tout, il ne lui avait jamais demandé ce qu'elle pensait d'eux. Il l'écouta sans toucher une seule fois à sa boulette de riz coincée dans ces baguettes, son regard fixé sur les traits fins du visage d'Akane. Son avis le laissait d'abord impassible et méditatif. Le mystère était toujours aussi complet, mais des images, des sons, même des visages, des voix, des chansons, des sentiments faisaient surface dans son conscient. Il était quelques fois bizarres d'entendre des gens dire ne savoir quasiment rien sur une chose qu'on connaissait dans les détails. Il ne put s'empêcher de sourire sur la fin avant de scruter son riz et d'enfin l'avaler. Il avait un peu refroidi entre temps. Le Sage Rouge s'affala un peu en se penchant en arrière et soutenant le poids de son corps avec son bras libre. Il réfléchit quelques secondes et l'observa manger son riz avec élégance :


- Je vois. Ta réponse ne me surprend pas, les Voyageurs font tout pour avoir le moins de contact avec l'extérieur et je pense que c'est une bonne chose. A mon avis, la justice de Ciiti ou encore les enquêtes de l'Inquisition, je le sais, ne seraient pas à leur goût. Bien au contraire. Mais j'ai été surpris d'ouïr par moment que des gens les détestaient au point de vouloir leur mort. Pourquoi ? Ils n'ont jamais franchi le désert pour aller foutre le bordel ailleurs, excepté dans l'histoire ancienne de Pandore, mais l'inconnu doit effrayer les gens.

Il était vrai que le peuple des Wadjis avait été très puissant. Cela lui rappelait les histoires autour du feu le soir, ou pendant un après-midi plus caniculaire qu'à l'accoutumé. Les Voyageurs transmettent leur héritage par la voix, les chansons et la danse pour harmoniser tout ça. Leur culture était faite de légendes et souvent, c'étaient les doyens qui servaient de conteurs. Il poursuivait, portant son regard vers la fenêtre comme pour y chercher l'ombre d'une dune.

- Enfin, ce qu'ils n'ont pas compris, c'est que les Voyageurs se fichent bien de leur image par-dessus leurs contrées. Pour les autres Pandoriens, Erimos ne rime avec l'Eden et pourtant, pour les Voyageurs, ça l'est. Je pense aussi que c'est parce qu'ils aiment beaucoup leur terre qu'ils ne veulent y voir personne d'autre dessus. Pour autant, je ne les ai jamais vu tuer d'aventuriers égarés, excepté agression. Il revint sur la jeune femme. Il est vrai qu'ils ont un caractère, non pas rancunier, mais vengeresse. Oeil pour oeil, dent pour dent. Si on touche à un Voyageur, on prend le risque d'avoir les autres sur le dos pendant longtemps. Il ne faut pas oublier que tuer, avec discrétion et sans laisser de trace, c'est presque dans leurs gênes.

Il avala un morceau de viande rouge et une boulette de riz, avant de rire doucement.

- En tout ças je suis rassuré de ne pas te faire peur, même si les Voyageurs, je trouve, non rien d'effrayant, sauf peut-être leurs turbans, leurs Lions Suzerains ou peut-être leurs tatouages parfois intrigants. Au fait, au sujet de votre jardin intérieur... J'aimerais vraiment beaucoup le voir. Il se sentit rougir, car il ne savait pas s'il y avait des règles pour voir un jardin privé. Il désamorça sa gêne rapidement, avec un peu d'humour à sa sauce. Un peu de sable d'Erimos dedans ne te tente pas ? Ca donne une très bonne lumière, surtout au levé et au coucher du soleil.

Il blaguait, quoi qu'il devait bien avoir quelques grains traînant sur lui ou sur son bâton, coincé dans ses clochettes. Il espérait que, malgré qu'ils avaient entamé le repas depuis plusieurs minutes, Akane ne refuserait pas. Ce jardin piquait vraiment sa curiosité.

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MessageSujet: Re: Repas au crépuscule    Mer 2 Déc - 21:00

Pendant qu'il parlait de son peuple adoptif, Akane terminait une bouchée du plat du désert accompagnée d'une petite coupe de saké. Elle n'en buvait pas beaucoup, mais quand les saveurs se mélangeaient trop et donnaient un goût assez maladroit sur le palet, elle l'utilisait pour nettoyer sa gorge et retourner au pays des saveurs. Il avait l'air de tenir autant aux Voyageurs qu'il ne tenait à son peuple de naissance. De quel côté le cœur de cet homme pouvait pencher ? Il semblait incertain. Ce qui l'étonna, mais finalement pas tant que ça, fût l'énonciation de la haine de certains pour les habitants du désert. Elle en savait quelque chose, puisque certains soldats avaient eu besoin d'être recadré à ce niveau là. Elle se pencha pour saisir du riz entre ses baguettes.

Quand nous avons attaqués les Forces Obscures pour sauver Awarennor, il ne restait quasiment plus aucun hommes qui avait combattu dans le désert. Pour beaucoup d'entre nous, moi la première, nous affrontions un nouvel adversaire. Je ne pense pas nous ayons peur de l'inconnu : je pense que les survivants de cette guerre sont les moins informés quant aux nombreuses batailles qui ont précédées la bataille finale. Dans un contexte aussi trouble et flou, il n'est pas étonnant que certains victimes de la guerre perçoivent l'arrivée des Forces Obscures sur le territoire et la non-présence des Voyageurs lors du siège final comme une trahison.

Elle avala sa boulette de riz. S'élancer dans de vieux récits de batailles ne serait pas la meilleure méthode pour continuer ce combat. Fort heureusement, le Sage relança la conversation vers un autre sujet. Et bien qu'elle rougit une nouvelle fois, elle se reprit en posant son bol vide sur la table.

Oh oui excusez-moi, j'étais partie dans notre conversation. Suivez moi s'il-vous-plaît.

Elle recula en restant sur les genoux et se leva dans un seul souffle, avant de se diriger vers sa gauche et de poser sa main sur la porte coulissante qui ornait cette partie du mur.

Il faudra marcher un peu, mais ce n'est pas très loin.

Puis elle tira tira la porte pour dévoiler un couloir qui donnait sur un angle en L. Tout en marchant, elle s'assura que son amant était derrière elle et poursuivit par une petite explication.

Cette maison est bâtit selon des standards assez récent. Elle n'est pas aussi vielle qu'elle en a l'air. Les méthodes de constructions habituelles veuillent qu'un petit jardin se situe au centre de la résidence, mais ce n'est pas le cas ici. Vous allez rapidement comprendre.

Quand elle tourna à la jonction du couloir, elle arriva devant une nouvelle entrée. La lumière de la lune se reflétait sur le parquet en bois ciré. Elle se mit de profil à cette entrée, mais face à Zärfell, avant de tendre une main pour l'inviter à voir par lui-même. Déjà, on pouvait entendre la note monotone de l'eau.

Je vous en prie.

Quand il tournera la tête, il pourra apercevoir le jardin privé de la Haut-Général.

Il était assez vaste, bien plus que l'on aurait pût le penser. Il devait faire un quart de la surface totale de la résidence, jardin extérieur compris. Sur la droite, majestueux, un cerisier s'était préparé pour l'hiver. Ses branches graciles s'élevaient à seulement une ou deux têtes d'une hauteur d'homme. Ses plus longues recouvraient un petit ruisseau d'un toit végétal élégant. Petit ruisseau qui conduisait à un bassin où coulait une somptueuse cascade artificielle. Quelques érables miniatures ornaient les rives de cette étendue d'eau qui coupait le jardin en deux. Un petit pont en bois rouge et noir permettait de rejoindre l'autre moitié de l'étendue verte. Là, reposait un carré de sable blanc et un râteau d'une étrange conception. Quelques bambous occupaient les coins nord-est et sud-ouest du jardin. Des lanternes en pierres au toit de pagodes éclairaient les points de passages, la lune faisant le reste. Pour relier le pont et après, un chemin en pierre plates et blanches irrégulier marquait la marche à suivre.
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MessageSujet: Re: Repas au crépuscule    Ven 4 Déc - 7:32

~ Le jeune homme sourit et se leva pour suivre Akane, prenant en même temps son bâton d'if comme s'il ne pouvait pas s'en séparer. A vrai dire, il avait souvent peur qu'on le lui dérobe, car il était un outil essentiel à ses recherches alchimiques. Il le remit sur son dos et regarda un court instant la démarche de son amante, qu'il n'avait pas l'habitude de voir marcher dans un kimono. Puis, il se concentra ses explications et parcourut le couleur de ses iris verts. Silencieux mais attentif, il comprit pourquoi cette maison ne s'écroulait pas par endroits bien son aspect assez ancien. Le Sylphe tourna avec la jeune femme et observa avec inspiration les reflets de l'astre lunaire sur les planches de bois. Enfin, Akane s'arrêta et l'invita à découvrir le jardin.

Le Mage ne se fit pas prier deux fois et entra doucement, ses pieds nus touchant la fraicheur du sol. Zärfell fut surpris par la beauté du jardin intérieur et on put clairement le lire sur son visage. Le bruit de l'eau, l'ombre du cerisier, le pont bicolore, le ruisseau et la cascade, les lampes qui éclairaient le chemin, tout semblait s'harmoniser pour offrir un décor quais-similaire à celui d'un dessin de carte postale. Une fois qu'il eut détaillait l'endroit, il se tourna vers Akane avec un sourire.


- Incroyable ! C'est assez impressionnant qu'un tel jardin puisse se trouver à l'intérieur d'une maison, même aussi grande. Il revint sur le jardin. L'endroit parfait pour se ressourcer... Manquerait juste, là, une petite lande de sable et une petite dune miniature.

Zärfell rit, car il n'avait nullement l'intention de perturber l'osmose du jardin. Tout était trop beau pour que l'on puisse vouloir y toucher. Il voulut laisser un petit silence planer, afin d'entendre l'écoulement de l'eau, contempler la douce lumière des lanternes et s'imprégner un peu de cette ambiance zen. Dans la mi-clareté de la lune, la pierre philosophale semblait aussi briller un peu plus que d'habitude dans son dos. Il posa son regard sur le cerisier, qui lui donnait tout de même froid car l'hiver arrivait déjà.

- La bouture de cerisier que tu m'as envoyé vient de ton cerisier ?

Il attendit une réponse, songeant à celle-ci. L'Alchimiste l'avait planté dans l'espoir qu'elle fleurisse à nouveau et tout semblait pour l'instant bien partie. Il observa alors quelque chose à sa ceinture et l'en décrocha. Il présenta l'instrument, long et orné de symboles celtiques gravés dans le bois. Un léger reflet émeraude donnait un côté surréaliste à l'objet.

- C'est un instrument des Grand'Mages, ça s'appelle une flûte sylvestre, taillée traditionnellement dans du chêne. A la base, elle n'est pas traversière comme la mienne, donc je l'ai rebaptisé flûte de vent. Hum...

Il réfléchit à ce qu'il pourrait jouer. Le bassin fut sa première source d'inspiration et le Vétéran posa ses doigts fins sur les trous. Il souffla et une note très différente des flûtes de bambous en sortie. La musique était moins vibrante et résonnante que les flûtes traditionnelles de l'Empire, mais les notes étaient plus tenues et douces en même temps, plus mélodieuses, voire célestes, rappelant le chant des oiseaux et les murmures du vent dans les feuillages. Les sons se répercutaient avec symbiose sur chaque surface, semblant s'adapter aux pierres, à l'eau, à la lumière et à l'air ambiant. Le genre de musique qui, égarée dans les dunes du désert, conférait une impression mystique. Au final, sa mélodie rappelait la forêt estivale regorgeante de tous les bruits du vivant.

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MessageSujet: Re: Repas au crépuscule    Dim 6 Déc - 19:35

Akane laissait son amant découvrir tranquillement et avec tout son temps son jardin privé. Elle afficha un petit sourire en le voyant faire le tour du regard, puis physiquement. Il est vrai qu'à chaque fois qu'elle avait du temps libre, elle venait se ressourcer ici. Parler aux fleurs, s'occuper du jardin, tailler le cerisier, le contempler, aussi, râteler le sable blanc... Il y a tellement de chose à faire dans un tel endroit qu'elle ne pourrait tous les énumérer assez vite pour ne pas louper une seconde de la situation. Elle ria elle aussi quand il énonça l'idée de mettre du sable. Il était bien un habitant du désert après tout pour vouloir ainsi mettre du sable. Même s'il était plutôt certain qu'il plaisantait, une petite remarque sur le sable n'était pas forcément une mauvaise chose.

Elle laissa son esprit vaquait avec l'eau quand il énonça la bouture de son cerisier. Elle hocha la tête avant de s'approcher du tronc de l'arbre et de poser délicatement une branche entre ses doigts fins.


Oui, cela remonte maintenant. Il a déjà vu quelques autres saisons froides.

Puis elle ferma les yeux, inspirés, avant d'entendre un son mystique et inconnu. Il était comme le son des flûtes de bambous de l'Empire, mais il avait quelque chose de bien différent. Elle se retourna pour le voir jouer de sa flûte magique. Elle n'était pas sûre qu'elle soit réellement magique, mais ce dont elle était sûre, c'est qu'elle n'avait jamais entendu un son pareil et qu'elle pourrait l'écouter encore un moment pour essayer de comprendre. Ce son lui rappelait la partie calme de la forêt de l'Empire, là où il ne faisait pas trop sombre. Il y avait une cascade dans ce coin, qui venait de la montagne. Peut-être le bruit de celle du jardin mêlait à la flûte l'emmenait jusque là ? Elle l'écouta encore un instant, puis il termina. Elle leva une main tout doucement.

Attendez...

Elle s'en alla rapidement, sans courir car on ne courrait pas à l'intérieur. Puis elle revint dans le jardin avec une sorte de coussin plat sous le bras et comme une grande harpe horizontale dans les mains.

Vous connaissez ?

Elle posa le coussin et s'assit en tailleurs dessus avant de mettre le koto sur ses jambes entre-croisées. Elle écarta les manches de son kimono pour ne pas être dérangée et pinça doucement une corde, puis une autre, et une seconde. Le tout s'assembla dans une harmonie magnifique et typique de l'Empire. Un son de mysticisme, d'harmonie parfaite, et de noblesse, mais aussi un peu de tristesse. Elle ne joua que quelques notes, mais elles transportaient autant l'esprit que le faisait le son de la flûte du jeune homme.

Nous appelons ce morceau l’ode à la Princesse Byakuga. C'est un morceau ancien. Mais si nous voulons apprendre de cet instrument, nous devons l'apprendre.

Quelque chose de frais se posa alors sur son nez. Elle loucha doucement avant de porter la main vers le ciel. Ce n'était pas un pétale de cerisier froid qui venait de tomber. Rapidement, des choses blanches se mêlèrent à la première, avant qu'elle ne voit les étoiles tombaient lentement du ciel pour venir recouvrir le sol.

Les premières neiges...
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MessageSujet: Re: Repas au crépuscule    Mar 8 Déc - 18:51

~ Quand il eut fini de jouer un morceau totalement improvisé, il ouvrit les yeux et regarda à nouveau son amante. Il la vit lever la main et partir d'un pas rapide, mais élégant, afin de revenir avec un objet qu'il reconnaissait par sa forme. Akane l'interrogea dessus et Zärfell fit un geste de tête affirmatif :

- Oui, je connais. Un koto il me semble. J'en ai déjà vu quelques uns en parcourant les routes de l'Empire.

Il songea soudain à l'intrigante cithare du désert, instrument qui avait une étonnante similarité, par sa forme, avec le koto de Shoan. Mais quand la jeune femme commença à jouer, le jeune homme entendit un son bien différent. Le Vétéran observa les habiles doigts de la Haut Général pincer avec virtuosité les cordes de cet instrument qu'il avait rarement touché. Il admira un instant la musicienne, avant de porter son regard, d'un vert et or lumineux, sur le jardin. Il le parcourut quelques secondes, puis ferma les yeux pour s'imprégner de la mélodie et tenter d'oublier le froid qu'il trouvait de plus en plus grand.

Il rouvrit les paupières quand il perçut la voix d'Akane. Il revint sur elle et sourit à l'évocation de la lointaine princesse de l'Empire. Ce nom, Byakuga, ne lui était pas pleinement inconnue, on l'évoquait régulièrement dans l'histoire des Grand'Mages. Zärfell lui adressa un sourire tendre, voulant bien lui aussi apprendre ce morceau. Mais vit l'expression de son amante changer. Il frissonna en sentant quelque chose de glaçant et d'humide se poser sur ses pieds et sa joue. Il tourna vivement la tête et observa, surpris, ces flocons tombant des cieux. Il frissonna. *Brr... Sont déjà là ceux-là ?* Il vint rejoindre la jeune femme et s'assit en tailleur non loin d'elle.


- Les premières neiges tu dis ? Elles arrivent tôt dis donc !

En réalité, il n'en savait trop rien. Le Sylphe disait surtout cela car, à force de vivre à Erimos, le froid et lui avaient fini par faire deux entités diamétralement contraires. Il cacha du mieux qu'il put ses pieds nus et vociféra intérieurement de ne pas sentir le chaleureux et soyeux contact des grains dorés du désert. Entre ses orteils soufflait seulement un vent sec et piquant. Il scruta sa flûte et essaya de sourire.

- Bien, que dis-tu d'un petit duo musical ? Au désert, la musique est omniprésente et on joue souvent le soir, quand la forte chaleur du jour s'en va. Il la regarda et manqua de rire. Il m'est arrivé de frissonner après le coucher du soleil, car les nuits sont souvent froides au désert... Mais ce n'est pas le froid des hivers, il est tout autre. C'est un froid étrange et unique... Il ne mord pas, ni ne pique, au contraire, il endort tout doucement. Il scruta le ciel. Alors souvent, le soir, les Voyageurs chantent autour d'un feu et dansent pour se réchauffer, ça marche bien. J'aime ces moments de la journée. On est tous réunis et une osmose que seule le désert sait créer y règne.

Il posa ses lèvres sur le bout de sa flûte traversière et sortit une note grave et frémissante. Il tendit l'oreille afin d'entendre le koto de son amante, pendant que sa magie éveillait une petite brise un peu tiède.

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MessageSujet: Re: Repas au crépuscule    Mar 8 Déc - 22:32

Elle regarda le jeune homme s'asseoir à côté d'elle avant qu'elle ne porte à nouveau le regard vers le ciel étoilé. Pour elle, l'arrivée des premières neiges était toujours un spectacle ravissant. Il avait ce petit quelque chose de mystique que la pluie ou le soleil n'avait pas. Enfin, quand on considérait la pluie, c'était tout autre chose. Elle regarda encore un moment cette scène avant de l'entendre parler de l'arrivée précoce des neiges. La Haut Général se mit à rire comme si enfin elle n'était plus la femme qu'elle est d'habitude.

Et encore, elles sont en retard. Ce n'est pas un spectacle que vous devez souvent voir dans le désert n'est-ce pas ?

Puis le jeune homme lui proposa de faire un duo musical. La Haut-Général le regarda avant d'acquiescer d'un mouvement de tête accompagné d'un sourire. Puis il commença lui même à souffler dans la flûte. Akane se concentra. Elle n'était pas aussi bonne musicienne qu'elle n'était général, mais elle allait essayer de caler son instrument par rapport à celui de son amant. Il avait parlé de la tradition de la musique par rapport à Erimos. Alors elle allait essayer de coller à cette idée. Elle commença à pincer quelques cordes, cherchant habillement des notes pour accompagner cette flûte sans encore être sûre de ce qu'elle allait faire.

L'idée lui vint à l'esprit de ce morceau qui n'est pas natif de Shoan mais que l'on peut apprendre si on le souhaite. Alors, elle passa progressivement des notes recherchées aux notes justes qui trônaient dans un coin de sa tête. Puis quand elle trouva cet ensemble juste, elle s'élança dans la lecture mentale de sa partition pour accompagner de la manière la plus juste et la plus nette possible le flûtiste. Rapidement, les sons s'ajoutèrent pour former un tout unique. Au loin, on pouvait même entendre, si l'on tendait l'oreille, le son apaisant d'un autre instrument, qui semblait jaillir de nulle part. L'instrument de l'harmonie, du calme et de la quiétude.

Et là, sous les premières neiges de la saison froide, le flûtiste et la harpiste formaient un couple sortie du plus profond de l'histoire pour plonger ceux qui les écoutait dans une ambiance unique. Dans une ambiance qui rappelait le passé mais qui était si présente. Dans une ambiance qui donnait envie même aux soldats de l'Empire de poser les armes et de ne rien faire. Simplement, écouter. Les frères Futsi eux-même se surprirent à être adossés aux murs de la résidence, l'un d'eux tenant une longue pipe effilée à la main.


Depuis combien de temps les premières neiges ne m'ont pas évoquées un telle sentiment d'apaisement ?
- Trop longtemps mon frère.

Ils fermèrent les yeux pendant que le fumeur laissa échapper sa fine fumée qui rapidement ne devint plus qu'air se mêlant aux flocons et à la poésie.
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MessageSujet: Re: Repas au crépuscule    Ven 11 Déc - 21:25

~ Zärfell entendit progressivement le koto de son amante. Il écouta soigneusement les notes pour harmoniser les siennes avec elles, les deux sonorités donnant naissance à un spectacle musical surprenant. Leur mélodie semblait s'envoler bien au-delà des murs de la maison d'Akane et l'air nocturne s'enroulait en elles comme pour enfiler une parure. Le Sylphe oscillait entre des notes aiguës et astrales et des sons plus feutrés et graves, mêlant le tout au timbre plus net de la harpe de la musicienne. Le monde paraissait se poser face à cette musique énigmatique et poétique, à la fois connue et inconnue de sa mémoire. Il établissait des perspective nouvelles, sûrement encore jamais observé ou même imaginé. Un mixte des profondeurs de la forêt, des mystères indistincts du désert et de la beauté de l'Empire. Une sorte d'apesanteur qui enveloppait les Hommes, la nature et le silence de la nuit, pour leur offrir un instant de pure harmonie, de pur étonnement, où deux univers se mariaient et entraînaient avec eux les échos de la routine de Shoan. On aurait pu danser, s'apaiser ou tout simplement admirer le monde et ses étoiles sur une telle musique. Et les fins doigts du jeune homme continuaient de libérer ou de boucher des trous, pour faire jaillir la voix de sa flûte sylvestre au timbre polymorphe, léger et coloré. Qui sait combien de temps ils jouèrent ainsi, la symbiose des cordes et du bois vibrant enchantant tous les environs où parvenait leur magie. Zärfell aurait pu poursuivre autant de temps qu'il avait d'énergie magique, néanmoins, le froid grandissait et il sentait bientôt ses membres se refroidir. Il sonna la fin de l'envoûtement sur une note longue et perchée on ne sait où dans les strates du ciel. Tout doucement, les dernières note semblèrent se retirer comme un rideau qui, emporté dans le vent, s'éloignerait progressivement jusqu'à n'être plus qu'une réminiscence.

Il sortit de sa transe et observa les flocons qui tombaient toujours et s'épaississaient un peu plus chaque minute. Une mince couche de blanc commençait à recouvrir le jardin et la toiture. Il eut un frisson, ayant du mal à contempler la magnificence de l'instant sous tant de fraîcheur. Il regarda tout de même Akane, son visage bronzé probablement un peu rosie sous l'effet de la bise, et lui sourit. Sûrement son amante aimait-elle la neige et ils n'allaient tout de même pas rentrer sous prétexte qu'il avait un peu froid. Alors il prit sur lui et s'entoura d'un air encore plus chaud que la brise précédente, réchauffant l'air ambiant. Autour de lui, la neige semblait fondre plus vite. Le Vétéran interrogea alors sa bien-aimée :


- C'est beau la neige, mais j'ai du mal à en apprécier la beauté... Il parcourut le jardin. Cependant toutes les saisons ont leur charme et je les apprécie toutes je pense, même l'hiver. Mais j'ai toujours préféré l'été et l'automne, peut-être la première pour sa chaleur et le beau vert de la forêt, et la deuxième pour la diversité de ses couleurs et les vents qui soufflent à cette période.

Il se remémora brièvement ses cabrioles dans les arbres et les clairières durant ces deux saisons, aussi insaisissable qu'un petit singe. Les temps où seuls importaient la durée des journées, les moments d'escapades et de grimpettes sur les toits des maisons et les petites bêtises à n'en plus finir. Lui, avec son frère et Ishana, la Mage des Ténèbres. Il se demanda quelle enfance Akane avait pu avoir et, bien sûr, quel genre d'enfant elle avait été. Très certainement fut-elle bien plus sage, obéissante et assidue que lui. L'Alchimiste se doutait qu'elle avait reçu une bonne éducation et avait vécu dans un milieu, non pas fortuné, mais aux revenus suffisants pour avoir de bons vêtements et une alimentation saine et variée. La bonne classe moyenne en quelque sorte. Mais il oublia ses questions pour revenir sur des pensées plus poétiques.

- Il y a une saison que tu préfères dans l'année ? Ou tu aimes bien toutes les saisons ?

Le Voyageur revint sur la Haut Général et détailla son visage tout en écoutant sa potentielle réponse. Pendant ce temps, les cristaux légers continuaient de parsemer le jardin de leur douce blancheur scintillante...

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MessageSujet: Re: Repas au crépuscule    Lun 14 Déc - 21:18

Quand le morceau de musique se termina, Akane ponctua la chose des trois notes les plus cristallines et pures que pouvait faire son instrument avant de laisser la dernière d'entre-elles dépérir avec le son de flûte de Zärfell. Elle le laissa ainsi avant de regarder lentement le ciel et profitait de la chute des premières neiges. En un sens, elles lui rappelaient comme la chute des fleurs de cerisiers quand se termina la saison. Difficile pour elle de ne pas ressentir la poésie dans tout cela. Chaque saisons est sujettes à nombres de peintures, poèmes, pièces de théâtre et autres dans l'Empire, alors chacune d'elles pouvaient lui faire ressentir ne serait-ce qu'une sorte de mélancolie inspiratrice.

Elle posa le regard sur le Sage Rouge quant à ses préférences pour les saisons. Curieuses coïncidences. Après avoir laissé un petit silence, elle reprit son observation de la chute des neiges.


J'aime chacune des quatre saisons. Au printemps, la nature est en fleur et c'est là son plus beau spectacles. L'été, les hommes et la nature vivent de leur pleine activité et réchauffent le cœur des observateurs. À l'automne, malgré la tristesse qu'il provoque, le spectacle de la nature se préparant à l'hiver m'inspire nombre de poèmes. Et l'hiver, le repos silencieux et calmes de Pandore incite au respect et à la méditation.

Elle expira une grande bouffée de buée avant de se relever et de sourire.

Mais nous n'en somme pas moins hommes. Mieux vaux rentrer avant de prendre froid. Les neiges seront encore là pour un moment.

Puis elle sourit à nouveau et se dirigea vers la sortie de son jardin secret, guide de Zärfell qui devait être bien heureux d'apprendre qu'il allait pouvoir retourner au chaud.
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MessageSujet: Re: Repas au crépuscule    Mar 15 Déc - 18:07

~ La réponse d'Akane lui extirpa un large sourire. Il était d'accord avec son amante, mais ses pensées partirent plus loin. Il ne pouvait s'empêcher de penser quand chaque Homme vivait un peu des quatre saisons. Comme si elles représentaient les facettes des personnalités, des sentiments, des émotions et des idéaux de tous. Une sorte de métaphore des êtres humains. Le Voyageur était en train de se perdre dans sa réflexion, quand les mots de la guerrière l'en extirpèrent. Il étira un sourire de tout même heureux. Il allait enfin retourner au chaud ! Quoi de plus merveilleux ! Il se leva d'un bond et rangea à sa ceinture sa flûte, son bâton dans le dos. Il sentit son corps ravi de sentir de nouveau l'apaisante chaleur du logis d'Akane. Le duo fit le chemin inverse pour revenir dans la salle à manger où flotter encore une importante odeur d'encens. Lentement, Zärfell regagna sa place et sourit.

- On est jamais mieux que chez soi, au chaud !

Il s'arrêta alors en s'interrogeant sur l'heure qu'il pouvait bien être. Depuis combien de temps était-il ici ? Il n'en n'avait aucune idée ! Il regarda la jeune femme.

- Sais-tu l'heure qu'il est ? Je... Je ne voudrais pas t'empêcher de te reposer en éternisant cette soirée, surtout que tu dois te lever tôt.

En effet, le Sylphe n'avait pas songer que la demoiselle s'occupait peut-être des patrouilles matinales ou de quelque chose de similaire. Il la laissa parler, l'écoutant si jamais avec attention. De plus, il se souvint brusquement de la commande qu'il avait en cours pour son amie Freyla. Il devait retourner au plus vite à Awarennor, après avoir obtenu le matériel nécessaire en passant notamment par les Terres Mortes de Coluo, afin de finaliser ce qu'elle lui avait demandé. A cela s'ajouter ses recherches de recettes alchimiques et, qui plus est, il s'était lancé dans un objectif bien particulier et sûrement trop délirant pour bons nombres de gens. Néanmoins, il fallait viser haut dans ce genre d'enquête magique ! Il informa alors la jeune femme en s'asseyant :

- Aussi, je suis désolé, mais j'ai une course urgente à faire à Awarennor que je n'ai toujours pas conclu. Je me dois de la terminer avant de... Il frémis à cette idée. Bah rencontrer l'Empereur...

Décidément, il n'avait pas très envie de le rencontrer en face à face sur son trône, en bas de quelques marches. Cependant, il se trouvait un peu lamentable en ce instant. Son discours ressemblait à un trottoir mal construit et tout gondolé. Le Vétéran de guerre se mura dans un silence anxieux, repensant aux ouvrages qu'il devait, en plus de tout cela, aller acheter à Gandur pour continuer de garnir sa bibliothèque. De plus, aussi horrible que cela l'était pour lui, il n'avait plus aucune lecture, ayant fini tous ses livres...

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Dernière édition par Zärfell Eriawyn le Mer 16 Déc - 10:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Repas au crépuscule    Mer 16 Déc - 0:04

Retournaient dans le salon, les deux amoureux s'installaient à nouveau autour de la table basse de la Haut-Général. Akane la première s'assura que tout était encore assez chaud pour se sustenter un peu, mais le Sage Rouge, qui semblait apprécier la douce chaleur du foyer, fut le plus rapide et le premier à parler à nouveau. Oui, il aimait définitivement la chaleur. Les maisons de Shoan, malgré l'atrium qui les composait dans la plupart des cas, avaient cette magnifique tendance à être bien isolées. Elle hocha la tête doucement et se mit à sourire à la question de l'heure et de la soirée éternisée.

À en juger par la hauteur de la lune quand nous avons quitté le jardin, nous devons être vers le milieu de la nuit. Et oui, je dois me lever tôt. Mais le lever du soleil n'est pas pour tout de suite.

Elle se releva doucement avant d'entendre la suite de son explication. Une course à Awarennor ? Cela faisait loin. Il valait mieux qu'il se repose à son tour. Légèrement déçue de savoir qu'il partirait encore un long moment, elle masqua cette déception par son sourire habituel et sa voix toujours aussi harmonieuse et élégante.

Bien... Voulez-vous dormir ici ou souhaitez-vous retourner à votre auberge.

Et là, elle rougit doucement en détournant le regard.

J'ai une chambre d'amis... Car je crains que mon lit ne soit trop petit.
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MessageSujet: Re: Repas au crépuscule    Mer 16 Déc - 13:10

~ Le Voyageur savait que tout cela était un peu précipité, néanmoins, il ne voulait pas éterniser davantage son travail d'Alchimiste. Et comme à son habitude, quand une course ou une idée lui revenait soudainement à l'esprit, le Mage ne trouvait jamais la bonne tournure de phrase pour le déclarer de façon moins brutale. Mais Zärfell se savait ainsi et il avait appris à accepter ce défaut. De plus, Akane avait dit que la nuit était déjà bien entamée et il devait se lever avant le soleil aujourd'hui, pour arriver sans trop tarder au Royaume. Comme toujours, le temps l'y ayant rôdé, le routard élabora en quelques secondes un plan de route, ses points de chute et surtout, les possibles freins à son avancée rapide. L'expédition était déjà toute tracée dans son esprit, aussi claire et limpide qu'un ciel sans nuage. Rester à rejoindre Harmattan et Sakuya pour partir.

Il fut rassuré de voir que son amante ne se chiffonnait pas de le voir s'en aller aussi vite qu'il était arrivé. Le Sylphe se promit intérieurement que, la prochaine fois qu'il viendrait à Shoan, il y resterait au moins pour plusieurs mois ! Après tout, précédemment, il avait bien séjourné un long moment à Erimos avant de se rendre à Gandur auprès des Sonwe. Se poser quelques temps dans son Empire natal et, il l'espérait profondément, ici-même, serait certainement bénéfique pour stabiliser ses travaux. Il se leva à la suite de la belle jeune femme, écoutant sa proposition. En voyant la gêne de son amante, Zärfell rougit à son tour. Il secoua la tête pour chasser une pensée de son esprit et songea que, même s'il en avait envie, il ne pouvait pas rester. En effet, dormir à l'auberge était mieux pour son futur voyage. Il s'inclina poliment, car on lui avait tout de même inculqué les bases de l'éducation donnée aux enfants de l'Empire, et déclara :


- C'est aimable à toi de me proposer de rester, mais je dois hélas retourner à l'auberge. Il se redressa et sourit. Je dois partir tôt et je pense que dormir là-bas facilitera la chose. De plus... On évitera de me voir sortir de chez toi, même tôt le matin. Il prit un air désolé. Je suis navré...

Le Sage se sentait de nouveau tirailler entre suivre ses sentiments et suivre les tâches qui lui incombaient. Mais il était certain qu'Akane comprenait son choix, car, selon les circonstances, sûrement aurait-elle fait les mêmes priorités que lui. Le jeune homme s'approcha alors de son amante et, grand amateur de bijoux en tout genre, décrocha l'un de ses colliers. Il s'agissait d'une belle chaîne torsadée en argent blanc. Elle avait, en guise de pendentif, un cercle où était enfermé un arbre finement ouvragé. Il prit la main de la jeune femme et le déposa au creux de sa paume.

- C'est un Arbre de Vie. Dans tous les livres de magie, cet arbre a un symbole fort. Il incarne la Nature, la prospérité, la lumière, la bonté et la continuelle renaissance. D'après la culture des Mages, chacun possède son Arbre de Vie. Il existe et est enraciné "en nous".

Le Vétéran Obscur observa le bijou et y porta doucement son autre main. Il tenait beaucoup à ce collier, créé par un joailler de Gandur. Il était l'un de ceux qu'il n'enlevait jamais, principalement car tout Mage se devait d'avoir conscience de son Arbre de Vie. Mais c'était davantage car il avait une importante valeur sentimentale pour le Sage Rouge, dû notamment au fait qu'il était un nomade. Aussi, le puissant Mage s'était juré bien des choses dessus. Il poursuivit :

- Celui-ci, c'est mon Arbre de Vie. Je l'ai acheté la première fois que j'ai foulé le territoire des Mages. J'y tiens énormément... Il marqua une petite pause, puis replia délicatement les doigts d'Akane sur son collier. Il releva la tête et sourit à son amante. Je te le confie et te promet que, dès que je reviens à Shoan, j'arrête de courir. Mon Arbre de Vie porte déjà beaucoup de serments, mes plus précieux, mais la promesse que je te fais aujourd'hui prime sur toutes celles que j'ai pu faire dessus. Qu'importe ce qu'il adviendra pendant mon voyage, je te promet de revenir.

Il n'avait jamais manqué, même une seule fois, à un serment fait à son Arbre de Vie. C'était toute son existence de Mage que ce bijou portait, ainsi que bon nombre de ses secrets. Et ce fut comme la fois où ils s'étaient retrouvés tous les deux sous les cerisiers immobiles. Oui, c'était aussi pendant l'hiver ce jour-là. Zärfell se pencha pour embrasser son amante quelques instants, sa main posée sur la sienne. Aucun bruit extérieur ne semblait venir jusqu'à eux, si ce n'était, quand il bougea, le discret tintement des clochettes au dos du jeune homme. Au final, Zärfell sentait que conclure ce dîner s'annonçait un peu plus dur que prévu.

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MessageSujet: Re: Repas au crépuscule    Ven 18 Déc - 12:34

C'est sûr, ce n'était pas la fin de soirée qu'elle espérait réellement, mais à quoi bon essayer de contenir le vent ? C'était bien évidemment quelque chose d'impossible. Alors, elle accepta le baiser de son homme ne se mettant sur la pointe des pieds avant de resserrer sa main sur l'Arbre de Vie. Si un serment était serment pour lui, alors elle se persuadait encore plus que son cœur avait fait le bon choix. De son côté, elle se souvint effectivement d'une promesse qu'il lui avait déjà faites. Et il était là. Oui, ce n'était désormais presque plus un problème pour elle.

Quand ses lèvres quittèrent les sienne, elle se remémora cet instant et son esprit s'embruma. Mais tout allait bien. Elle posa sa main sur sa poitrine.


Alors je fais à mon tour le serment de vous attendre, d'être patiente. Revenez dans dix jours ou dans dix ans, je serais toujours la même et je serais toujours avec vous. Ainsi est à mon tour mon serment.

Il fallait bien mettre un terme à cette séparation déchirante un jour ou l'autre. Aucun des deux êtres n'avaient le temps et il fallait l'admettre : plus cela durait, plus cela faisait mal. Alors, Akane se sépara comme elle pouvait, luttant de son maximum pour ne pas ressentir plus la douleur de la séparation, et commença à rassembler les couverts, pour se changer l'esprit.

Mon garde du corps vous raccompagnera. Je suppose que vous voulez ramener votre plat ?

Elle se releva, le plat du désert de Zärfell entre les mains pour se rapprocher de lui et lui tendre. Il ne manquait plus que cette petite "formalité" et le repas pouvait finalement prendre fin... hélas.
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MessageSujet: Re: Repas au crépuscule    Sam 19 Déc - 10:46

~ Ainsi, ils se faisaient tous les deux le serment de se revoir, ou bien de s'attendre. Zärfell sourit à son amante, songeant au jour où il reviendrait pour de bon à Shoan, sans devoir en repartir sur-le-champ. Puis, il la vit aller jusqu'à la table et commencer à ranger, avant de se tourna à nouveau vers lui avec son plat. Le Sylphe déclara :

- Oui, merci.

Il le prit, pensant que cela lui serait utile d'avoir déjà à manger pour son voyage. Bien, il était en effet temps de mettre un terme à ce dîner... Le Voyageur s'inclina encore une fois, autant par politesse que par respect.

- Merci pour ce repas, c'était très bon, et pour l'accueil. Il se redressa et sourit. Bonne nuit et à notre prochaine rencontre.

Il y en aurait forcément une. Pendant une seconde, il observa une dernière fois le visage d'Akane, avant de se tourner. Son bâton sur lui, le jeune homme rebroussa chemin jusque-là où il avait laissé ses chaussures. Silencieusement, il les remit et, dans le froid de la neige, se rendit à l'entrée de la bâtisse. Une petit buée apparaissait à chacune de ses respirations et, après un dernier coup d'oeil à ce jardin bien entretenu, le Vétéran arriva au seuil de la maison. Là, il y avait les deux frères Futsi, mais surtout un ciel mitigé, où la lune tentait de percer les nuages pour briller pleinement. On pouvait cependant la distinguer, sous des traits d'argent lumineux, à moitié voilée. Désormais, elle allait décliner jusqu'à disparaître derrière l'horizon. Sur cela s'achevait cette soirée qui laissait Zärfell à la fois heureux et, comme toujours, un peu triste.

Mais la vie est constituée de ces mélanges surprenants et étranges, avec des sentiments que l'on sait contradictoires et qui pourtant parviennent un coexister. Le jeune homme sourit en délaissant la lune pour scruter la route enneigée. Il se tourna ensuite vers l'un des frères et, après un bref échange, s'engagea sous le craquant manteau blanc et froid. Et du haut d'un arbre, une chouette regarda les hommes marcher, avant de s'élever vers la reine de la nuit. Dans ses grands yeux, la lune y semblait plus luisante que nul part ailleurs.


[Sortie de Zärfell]

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